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Femmes et Entreprises : « Le féminin ça s’emploie partout »

Le 28 juin 2018

« Le féminin, ça s’emploie partout », cette phrase utilisée lors d’une stratégie d’intervention d’Emploi-Québec en 2009 concernant la main d’œuvre féminine est révélatrice des enjeux et reste pleinement d’actualité.

Avant de rentrer dans le vive de notre sujet qui touche plus spécifiquement à l’entrepreneuriat, il semble intéressant de dresser un portrait plus global des femmes dans le milieu du travail.

Les enjeux sont multiples, à la fois éthiques, moraux, sociétaux. Mais c’est également un défi économique de taille et pas seulement pour les femmes qui subissent plus largement ces inégalités mais à l’échelle économique globale d’un pays. Comme le rappel, le plan stratégique gouvernemental, des recherches montrent que la présence des femmes sur le marché du travail a une incidence positive sur le PIB (produit intérieur brut) et qu’elle représente en ce sens un atout pour la prospérité économique d’un pays.

Si des avancées continuent d’être réalisées, force est de constater que l’égalité de fait que prônait le gouvernement dans son précédent plan stratégique n’est pas encore atteinte.

Politiquement correct ?

Le Québec est marqué par une politique globale favorable à l’égalité des sexes avec sa stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes vers 2021 « Ensemble pour l’égalité » et la mise en place d’antennes comme le Conseil du statut de la femme.

Pour autant, en matière d’égalité dans la sphère politique, la province accuse des inégalités notables. Les raisons évoquées sont principalement liées à une socialisation différente des filles et des garçons et à un partage inégal du travail domestique et familial.

Quelques chiffres clés :

  • 42,3 % des ministres sont des femmes (11 sur 26) – janvier 2017
  • 29% des femmes composent l’Assemblée nationale du Québec (36 sur 124) –février 2017
  • 32% des conseillers municipaux sont des femmes et 17% des mairies sont dirigées par des femmes – élections municipales de 2013
  • Si le Québec était un pays, son pourcentage de femmes élues le situerait au 44e rang mondial – septembre 2015.

Inégalités salariales : on en n’est pas encore revenue

Bien que les salaires des femmes s’améliorent, ces dernières continuent à gagner moins que les hommes, et ce, même si elles sont en moyenne plus scolarisées.

Plusieurs causes l’expliquent : les femmes occupent des emplois moins rémunérateurs et travaillent en moyenne moins d’heures. Mais, même à travail et expériences égaux, leur salaire reste plus bas. Les femmes immigrées, monoparentales ou autochtones sont doublement discriminées.

Quelques chiffres clés :

  • En 2014, le revenu total médian des femmes représente 71,5% de celui des hommes
  • En 2015, le salaire hebdomadaire moyen des femmes travaillant à temps plein correspond à 86 % de celui des hommes
  • En 2016, 1/4 femmes salariées travaillent à temps partiel

Des postes bien gardés

Difficulté à atteindre les postes de directions

Outre les inégalités salariales, les femmes ont plus de mal à accéder aux postes à responsabilité et sont également moins présentes dans les CA. Elles se heurtent ainsi à un plafond de verre bien rigide.

Quelques chiffres clés :

  • Environ 20 % des sièges d’administrateurs dans les entreprises du Québec sont occupés par des femmes – état en 2017
  • 19 % des entreprises du Québec ne compteraient encore aucune femme à leur conseil d’administration – état en 2017

Des emplois genrés

On constate également qu’il reste des barrières dans le choix des emplois occupés par les femmes. Les femmes dominent encore dans certaines professions traditionnellement « féminines » et peinent à intégrer des professions traditionnellement plus « masculines ». Leur choix de carrière reste ainsi influencé par des stéréotypes de genre même s’il y a des évolutions importantes dans certains secteurs (voir chiffres clés).

Cela entraîne non seulement des différences salariales puisque les professions dites « féminines » offrent généralement de moins bons salaires mais cela représente également un défi dans l’intégration et la rétention des femmes dans des milieux à prédominance masculine. (Voir le guide du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale sur ces sujets.)

Quelques chiffres clés :

  • On trouve 75 % de femmes dans les 10 principales catégories professionnelles de la main-d’œuvre « féminine » (dans les secteurs de la vente, des services, des soins aux personnes, du travail de bureau) – À l’opposé, 66 % d’hommes travaillent dans les 10 principales catégories professionnelles « masculines » – État en 2016
  • Les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir les professions traditionnellement masculines régies par un ordre professionnel. En 2016, elles comptent pour plus du tiers des architectes (37,3%) et pour près de la moitié des dentistes (46,3%), des médecins (44,9%) et des comptables (45,3%). Elles sont majoritaires chez les avocats (51,9%), tout comme chez les vétérinaires (61,9%), les notaires (62,6%) et les pharmaciens (65,6%). – État en 2016

Équilibre de vie : se mettre à la tâche

Même s’il y a du changement, les femmes continuent d’assumer plus largement les tâches domestiques. Ce partage inéquitable a pour effet indésirable la conciliation difficile entre travail et responsabilités familiales et donc par effet domino une perte de salaire.

La question des congés parentaux a également son importance et ses répercussions en matière d’égalité au travail. Le Québec favorise un équilibre des tâches parentales avec la mise en place de lois favorables, ce qui permet aux pères de s’impliquer plus dans la vie familiale. Si les pères d’aujourd’hui sont plus préoccupés par l’égalité, les choses évoluent doucement et certaines tâches (comme le congé parental) continuent d’être assimilées au rôle de la mère.

Quelques chiffres clés :

  • 70 % des tâches ménagères continuent d’être faites par les femmes.
  • 80 % des pères québécois prennent le congé de paternité de 5 semaines auquel ils ont droit
  • 1/4 des pères se prévalent d’une partie du congé parental partageable et les 2/3 ne le prennent pas du tout.
  • Seulement 5 % des pères prennent un congé de paternité où ils sont seuls avec l’enfant.

Sources

Portrait des Québécoises en 8 temps, édition 2017

La parité en politique, c’est pour quand ?

Féminisme, nom commun, cause commune

Femmes au conseil d’administration Regard croisé : Québec et autres provinces canadiennes

Etre parent une responsabilité à partager

Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes vers 2021, Ensemble pour l’égalité

Femmes et travail : le féminin, ça s’emploie partout

 


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