ACS+

ACS+ : une approche spécifique et inclusive

Le 29 août 2018

Lors du projet Entrepreneuriat au féminin, nous allons recourir à l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) pour tendre à une meilleure égalité entrepreneuriale. Il nous paraît donc essentiel de revenir sur les fondements de cette approche spécifique et inclusive.

L’ACS+ est un outil qui a été développé par Condition féminine Canada. Elle « sert à évaluer les répercussions potentielles des politiques, des programmes ou des initiatives sur divers ensembles de personnes — femmes, hommes ou autres ». L’ACS+ peut s’utiliser dans tous les domaines pour repérer et corriger les écarts de traitement entre les femmes et les hommes.

Nous allons d’abord revenir sur deux notions clés de l’ACS+ avant d’en voir les grandes étapes.

Sexospécificité : distinction entre le sexe et le genre

L’approche sexospécifique se fonde sur le principe de l’égalité des sexes et implique que l’on fasse la distinction entre les particularités biologiques et les rôles sociaux. Bien souvent les termes sexe et genre sont utilisés comme des synonymes. Or, leur sens est intrinsèquement différent.

Si le sexe renvoie aux facteurs biologiques, le genre est une construction sociale de la féminité et de la masculinité. Ainsi, les rôles des femmes et des hommes sont socialement construits et ne relèvent pas uniquement de la biologie. Par conséquent, tout ce qui touche à la « masculinité » et à la « féminité » n’est pas non plus naturel. Ces représentations varient selon les pays, les régions, les cultures, les religions et les époques. Ces constructions ne sont pas figées, ce qui implique que l’on peut donc les changer.

Il est important de faire la distinction entre le sexe et le genre et de prendre en compte les obstacles réels. Parfois, il peut s’agir de facteurs biologiques, parfois socioculturels. Et bien souvent, c’est une combinaison des deux.

Notons par ailleurs, que tout le monde ne souscrit pas à une conception binaire du sexe (femme ou homme) ou du genre (féminin ou masculin).

Intersectionnalité ou discriminations croisées

L’ACS+ prend en compte l’identité d’une personne sous toutes ses composantes et dans toute sa complexité. Notre identité repose sur plusieurs éléments dont l’origine ethnique, l’âge, la religion, l’orientation sexuelle, le revenu, une situation de handicap, etc. Ces multiples facteurs se recoupent et peuvent donner lieu à des discriminations croisées. C’est ce qu’on appelle l’intersectionnalité.

Le « + » ajouté à l’ACS considère l’ensemble de ces composantes qui agissent de façon interreliées. Les différentes formes de discrimination tels que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou autres phobies ne peuvent pas être entièrement expliquées si elles sont étudiées séparément les unes des autres.

Le but l’ACS+ est de voir comment s’articulent entre elles les différentes composantes identitaires et dans quelles mesures, elles ont ou non des répercussions aggravantes.

Ainsi au sein d’un même sexe, de nombreuses différences sont à prendre en considération. Plutôt que de viser l’égalité (même droits pour tous sans égard aux différences), l’ACS+ vise l’équité (reconnaissance des différences dans la réponse aux besoins).

Voir la vidéo du sexe et du genre.

ACS+ : mode d’emploi

Les questions à se poser :

De nombreuses questions sont à prendre en considération lorsque l’on met en place des projets.

L’initiative favorise-t-elle la pleine participation et l’égalité des femmes et des hommes? Crée-t-elle certains obstacles? Le cas échéant, comment y remédier?

En tenant compte des circonstances sociales et économiques des femmes et des hommes, cette initiative aura-t-elle un effet négatif ou positif sur les femmes ou les hommes? Si oui, lesquels? Comment rehausser les impacts positifs et atténuer les effets négatifs?

Les 7 étapes clés de l’ACS+ :

  • Cerner les principaux enjeux et le contexte spécifique
  • Remettre en question les suppositions et les idées reçues pour voir s’il n’y a pas d’obstacles liés au genre ou à la diversité.
  • Recueillir les faits par des recherches et des consultations
  • Formuler des options et des recommandations pour atténuer les inégalités
  • Surveiller et évaluer pour mesurer l’impact des solutions mises en œuvre et les ajuster au besoin.
  • Communiquer sur le projet pour sensibiliser les parties prenantes et le grand public
  • Consigner et documenter les différents aspects du projet (état des lieux, évaluation)

Voir la vidéo ACS+ étape par étape.

Aujourd’hui dans le milieu entrepreneurial à Québec, peu de données sexospécifiques sont disponibles. Dans les structures d’accompagnement, globalement, il y a peu d’éducation à l’approche de genre et aux spécificités de chaque type de clientèle, ainsi qu’aux enjeux d’intersectionnalité.

Recourir à l’ACS+ dans la chaîne entrepreneuriale devrait donc permettre de repérer les obstacles et d’adresser des solutions.

Sources

Condition féminine Canada, Qu’est-ce que l’ACS+ ?


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